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Intérêts composés

Voyez ce que devient votre épargne quand les intérêts produisent eux-mêmes des intérêts. C'est le mécanisme qui fait toute la différence sur vingt ans.

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Comprendre le calcul

Ce que la courbe ne dit pas

Les intérêts composés sont un mécanisme simple, mais trois paramètres décident du résultat — et ce n'est pas celui qu'on croit qui pèse le plus.

Le temps compte plus que le montant

C'est le point le moins intuitif. Verser 100 € par mois pendant trente ans à 7 % produit environ 122 000 €. Verser le double, 200 € par mois, mais pendant vingt ans seulement, n'en produit que 104 000 € — pour un total versé pourtant supérieur.

La raison tient à la forme de la courbe : les intérêts d'une année s'ajoutent au capital et produisent à leur tour des intérêts l'année suivante. Les dernières années rapportent donc bien plus que les premières. En amputer une décennie coûte les années les plus productives, jamais les moins.

La conséquence pratique est directe : commencer petit mais tôt bat commencer gros mais tard. C'est aussi ce qui rend un contrat ouvert à vingt-cinq ans si différent d'un contrat ouvert à quarante.

Ce que vaut vraiment un taux affiché

Le taux par défaut de ce simulateur, 8 %, correspond à la moyenne annualisée historique d'un indice actions mondial sur longue période. C'est un ordre de grandeur défendable, mais il appelle trois réserves.

  • Ce rendement n'est jamais linéaire. Une moyenne de 8 % recouvre des années à +25 % et d'autres à −35 %. Sur cinq ans, l'écart au résultat théorique peut être considérable ; c'est sur quinze ou vingt ans que la moyenne devient un repère crédible.
  • Les frais s'y soustraient. Frais de gestion du contrat, frais de support, éventuels frais d'arbitrage : entre 0,5 % et 2 % par an selon les enveloppes. Sur vingt ans de versements mensuels, un point de frais annuel ampute le capital final d'environ 12 %.
  • La fiscalité aussi. Un même rendement brut ne donne pas le même net selon qu'il est logé dans une assurance-vie de plus de huit ans, un PEA, un PER ou un compte-titres ordinaire.

Un rendement net de 5 à 6 % est une hypothèse plus prudente qu'un rendement brut de 8 %. Faites tourner le simulateur avec les deux : l'écart vous dira ce que coûtent réellement les frais et l'impôt.

Un exemple. 300 € par mois pendant vingt-cinq ans, c'est 90 000 € sortis de votre poche. À 8 %, le capital final approche 287 000 € — dont près de 197 000 € d'intérêts, soit plus du double de ce que vous avez versé.

À 5 % net, le même effort donne environ 179 000 €. L'écart, près de 108 000 €, mesure exactement ce que représentent trois points de rendement annuel sur vingt-cinq ans. C'est là que se joue le choix de l'enveloppe et des supports, bien plus que dans le montant du versement mensuel.

Une simulation n'est pas une stratégie

Cette courbe suppose un versement régulier jamais interrompu, un rendement constant, et aucun retrait. La vraie vie comporte des changements de situation, des projets qui avancent, des marchés qui reculent au mauvais moment.

Ce que le calcul ne traite pas, et qui décide pourtant du résultat : le choix de l'enveloppe selon votre horizon et votre fiscalité, la répartition entre supports selon votre tolérance au risque, le maintien d'une épargne de précaution disponible pour ne pas devoir vendre au plus bas, et l'ajustement progressif à mesure que l'échéance approche.

C'est cet arbitrage, et non le rendement affiché, qui fait la différence entre une projection et un plan.

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